Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a condamné Dhoihir Dhoulkamal, ancien ministre comorien des Affaires étrangères, à deux ans de prison ferme dans une affaire de fraude aux prestations sociales qui secoue à la fois La Réunion et l’Union des Comores.
Selon les éléments retenus par la justice, l’ancien responsable politique était déclaré en France comme étant sans emploi et sans ressources, alors qu’il exerçait simultanément d’importantes responsabilités publiques dans son pays. Il a notamment occupé les fonctions de député puis de ministre au sein du gouvernement comorien.
Cette situation aurait permis à son foyer de bénéficier pendant plusieurs années de différentes aides versées par les organismes sociaux français. Parmi celles-ci figurent le revenu de solidarité active (RSA), des allocations familiales, des aides au logement, des primes de rentrée scolaire ainsi que des remboursements liés à l’assurance maladie.
Le montant du préjudice est particulièrement élevé. Selon les sources, il oscillerait entre plus de 250 000 euros et près de 340 000 euros, en cumulant les sommes versées par la Caisse d’allocations familiales et la Sécurité sociale de La Réunion. Absent lors de l’audience, Dhoihir Dhoulkamal fait désormais l’objet d’un mandat d’arrêt. Son épouse a également été condamnée dans ce dossier. La justice lui reproche son implication dans les déclarations transmises aux organismes sociaux français.
Cette affaire connaît un important retentissement des deux côtés du canal du Mozambique. Au-delà de l’aspect judiciaire, elle soulève des interrogations sur le contrôle des aides publiques et porte atteinte à l’image des responsables politiques. Aux Comores comme à La Réunion, la condamnation alimente le débat sur l’exemplarité attendue des personnalités exerçant ou ayant exercé des fonctions publiques.











