Le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili estime que la reconstruction de Mayotte manque de cap. Dans une tribune, il dresse un constat sévère près de dix-huit mois après le cyclone Chido et onze mois après le vote de la loi de programmation pour la refondation.
« Les acteurs sur le terrain constatent que les mesures annoncées et les 4 milliards proclamés ne sont pas au rendez-vous », écrit-il, rappelant avoir transmis au Premier ministre et aux ministres concernés un rapport de 80 pages dressant un premier bilan des treize mesures prioritaires. Mais, regrette-t-il, « mise à part les accusés de réception, une seule ministre (…) a répondu. La ministre des Outre-mer n’a même pas accusé réception du courrier ».
Pour le parlementaire, les difficultés rencontrées dans la reconstruction de la filière pêche illustrent les faiblesses du dispositif. « Face à un enjeu majeur du renouvellement de la flotte mahoraise, les autorités répondent par la mise en place d’un comité local des pêches. Face à une action concrète, on répond par la mise en place d’une structure », déplore-t-il.
Le sénateur conclut en posant une question qui résume sa critique de la gouvernance actuelle : « Qui pilote véritablement la refondation de Mayotte ? » Une interrogation qu’il accompagne de la liste des nombreuses instances aujourd’hui impliquées, estimant que cette multiplication des acteurs nuit à l’efficacité de l’action publique.







