Un réseau structuré de passeurs entre les Comores et Mayotte a été démantelé après plusieurs mois d’enquête, révélant une organisation bien rodée impliquant transport, logistique et financement. Le tribunal correctionnel a prononcé des peines allant jusqu’à sept ans de prison, marquant une réponse ferme face à ces filières clandestines.
L’affaire débute en novembre 2024, avant d’être interrompue puis relancée en 2025. Grâce à des techniques spéciales d’enquête, notamment les écoutes téléphoniques, les enquêteurs de l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants ont identifié les rôles clés d’un réseau opérant entre les Comores et le nord de Mayotte, notamment à Mtsamboro, Acoua et Bandraboua.
À la tête du réseau, Hafidhou Anjamidine, alias Andjami, organisait les traversées en kwassa-kwassa et coordonnait l’arrivée des migrants. Chaque passager devait verser environ 300 euros à l’arrivée, en plus des sommes déjà payées au départ. Les enquêteurs estiment à une cinquantaine le nombre de migrants transportés chaque semaine, pour un total avoisinant 960 000 euros générés entre fin 2024 et mars 2026.
Autour de lui, plusieurs complices assuraient la logistique. Arifidine Saindou dirigeait les équipes sur le terrain, tandis qu’Issouf Mistoihi transportait les migrants et le matériel. Mohamed Djalaly assurait quant à lui des trajets en taxi clandestin.
Le 23 avril 2026, les quatre hommes ont été jugés. Le chef du réseau a été condamné à sept ans de prison avec interdiction définitive du territoire. Ses principaux complices écopent de cinq ans de prison et d’une interdiction de territoire de dix ans, tandis que le dernier prévenu a été condamné à une peine avec sursis.
Le parquet rappelle que la lutte contre les filières de passeurs restera une priorité, au même titre que les violences et les troubles à l’ordre public. Le Procureur Guillaume Dupont précise à cet effet : « la politique pénale du parquet sur la traite des êtres humains, notamment les affaires de passeurs, ne connaitra aucun répit. Elle sera de la même intensité que celle dirigée contre les coupeurs de routes, contre les auteurs d’affrontements entre bandes et les violences commises sur les policiers et les gendarmes ».
Passeurs condamnés après qu’un réseau d’immigration clandestine ait été démantelé

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