Ce jeudi, au tribunal judiciaire, un jeune homme de 23 ans, menotté et escorté par des gendarmes, expliquait sa situation. Né à Mayotte de parents étrangers, il avait déjà été placé à trois reprises au centre de rétention administrative (CRA). Pourtant, jusqu’à présent, il n’avait jamais entrepris de démarches pour régulariser sa situation. À 23 ans, il semblait enfin vouloir s’y engager, expliquant que le coût des procédures avait constitué un frein.
Ce cas est loin d’être isolé. Au tribunal, lors des audiences correctionnelles, des situations similaires reviennent régulièrement. Des jeunes, nés et ayant grandi à Mayotte, se retrouvent sans titre de séjour, faute d’avoir entrepris les démarches nécessaires. Certains semblent attendre que leurs papiers arrivent tout seuls ou que la préfecture effectue les démarches à leur place, sans toujours mesurer les conséquences de cette inaction.
Certains parents n’ont pas non plus engagé les démarches nécessaires pour leurs enfants. Ce n’est évidemment pas une généralité, mais cette réalité existe et contribue à maintenir certains jeunes dans une situation administrative irrégulière.
Car naître à Mayotte de parents étrangers ne suffit pas, à lui seul, pour devenir automatiquement français. Des conditions particulières doivent être remplies pour acquérir la nationalité française, tandis que l’obtention d’un titre de séjour relève d’autres procédures. Reste une question essentielle : comment envisager son avenir à Mayotte, accéder à l’emploi ou construire un projet de vie sans avoir entrepris les démarches nécessaires pour régulariser sa situation ?






