La nouvelle équipe municipale de Kani-Kéli n’aura pas attendu longtemps avant de devoir se confronter à la réalité des comptes publics. À peine installée, elle hérite d’une commune placée sous surveillance de la Chambre régionale des comptes, avec des finances fragilisées et un plan de redressement déjà engagé. La réponse du maire est intéressante à plus d’un titre. D’abord parce qu’elle assume l’héritage, sans chercher à nier les difficultés. Ensuite parce qu’elle refuse de voir dans l’avis de la CRC une simple sanction, préférant y lire une feuille de route pour remettre la commune sur des rails durables.
L’exercice reste toutefois périlleux. Comment rétablir les comptes sans réduire les services rendus à la population ? Comment limiter les dépenses tout en recrutant les compétences indispensables pour mieux gérer la collectivité ? Comment augmenter les recettes sans alourdir excessivement la pression fiscale sur des habitants déjà confrontés à un coût de la vie élevé ?
Autant de questions auxquelles seront confrontées, tôt ou tard, de nombreuses collectivités mahoraises. Derrière le cas de Kani-Kéli se dessine finalement un défi plus large : celui de communes appelées à investir massivement pour répondre aux besoins de leur population tout en retrouvant une gestion financière soutenable. Le véritable jugement ne viendra sans doute pas de la Chambre régionale des comptes, mais des résultats que les habitants constateront dans les prochaines années.








