Les travaux de Caribus ne provoquent plus seulement des embouteillages : ils fragilisent désormais l’économie de Kawéni. Dans un courrier adressé au président de la Cadema, le collectif des organisations patronales affirme que les transporteurs et transitaires ont annoncé des hausses de tarifs supérieures à 40 %, faute de pouvoir assurer suffisamment de rotations. Les demandes d’activité partielle se multiplient et les entreprises voient leur chiffre d’affaires et leurs marges reculer.
La circulation alternée, qui doit entrer en vigueur à Kawéni, ne rassure pas davantage les professionnels. Elle pourrait réduire le nombre de véhicules, mais elle ne répond pas à la question centrale : comment permettre aux salariés, aux clients, aux fournisseurs et aux transporteurs d’accéder aux entreprises pendant les travaux ?
Le collectif réclame des chantiers nocturnes ou organisés en trois-huit, des accès clairement signalés vers les commerces, un fonds de solidarité et une révision de l’enveloppe d’indemnisation de 500 000 euros, dont 20 % seraient déjà mobilisés pour des dossiers déposés en 2025.
Caribus reste indispensable pour améliorer durablement les déplacements. Mais sa construction ne peut pas conduire à sacrifier les entreprises situées sur son tracé. Une concertation urgente s’impose désormais pour accélérer les travaux, maintenir les accès et indemniser rapidement les professionnels. Sans réponse, le chantier destiné à fluidifier Mayotte risque d’asphyxier son principal poumon économique.







