À l’approche de la visite de Sébastien Lecornu, le Groupement patronal de Mayotte appelle le gouvernement à prendre des décisions immédiates pour éviter de nouvelles fermetures d’entreprises. Depuis Chido, les sociétés ont rouvert, réparé leurs locaux, conservé leurs salariés et participé à la reconstruction. Mais leurs trésoreries restent fragiles et les dettes s’accumulent.
La première urgence concerne les factures publiques impayées. Des entreprises attendraient parfois plus d’un an le règlement de prestations réalisées pour des collectivités. Pendant ce temps, elles doivent payer leurs salariés, fournisseurs, cotisations, loyers et emprunts. Le GPM réclame un traitement exceptionnel des factures en souffrance, avec des interlocuteurs identifiés et des calendriers précis.
L’organisation patronale demande également une Lodéom mieux adaptée aux contraintes de Mayotte, un soutien renforcé à l’apprentissage et une évaluation de l’impact du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. Celui-ci pourrait encore augmenter le coût des marchandises importées, alors que les entreprises supportent déjà le fret, l’insularité et la vie chère.
Le GPM réclame enfin des financements sécurisés et des calendriers pour les grands projets concernant l’eau, la santé, les écoles, les routes, le logement ou les transports. Sans visibilité, les entreprises locales ne peuvent ni investir ni recruter et risquent de devenir spectatrices de la reconstruction.
Face aux difficultés fiscales et sociales, le patronat ne demande pas l’effacement des dettes, mais des échéanciers réalistes. Son message au Premier ministre est clair : avant de construire l’économie de demain, il faut sauver les entreprises, les emplois et les compétences qui existent aujourd’hui.







