Près de quatre heures de débats n’auront pas suffi à rapprocher les positions. Au conseil portuaire du port de Longoni, la future grille tarifaire de l’Établissement public du port de commerce de Mayotte a suscité une opposition massive de la CCI, des collectivités, des opérateurs et des manutentionnaires. Seuls quatre membres l’ont approuvée, dont deux représentants de l’État.
Les exemples présentés expliquent cette levée de boucliers. L’utilisation d’une grue passerait de 34 à 39 euros, tandis qu’une opération avec un portique RTG grimperait de 36 à 56 euros. Pour un conteneur frigorifique stationnant plus de trente jours, le forfait quotidien atteindrait 147 euros hors taxes, contre 110 euros actuellement. En moyenne, les opposants estiment les nouveaux tarifs supérieurs de 40 % à ceux pratiqués par MCG.
Le remorquage pourrait, lui, coûter jusqu’à 150 % plus cher. Une augmentation qui risque d’alourdir directement les factures des armateurs transportant les conteneurs, les hydrocarbures ou le gaz. Les manutentionnaires devraient également intégrer à leurs propres prix les prestations facturées par l’établissement public. Ils apparaîtraient ainsi comme responsables de hausses qu’ils n’auraient pas décidées.
Derrière cette bataille technique se cache donc une question très concrète : qui paiera ? Les importateurs répercuteront nécessairement une partie de ces surcoûts sur les marchandises. Et au bout de la chaîne, c’est encore le consommateur mahorais qui verra les prix augmenter dans les magasins. Dans un territoire déjà frappé par la vie chère, cette alerte ne peut être balayée d’un revers de main.





