A la une de France Mayotte Matin aujourd’hui, à Paris, le procès du SIEAM franchit une étape décisive avec les réquisitions du Parquet national financier. Des peines de prison ferme, de lourdes amendes et des inéligibilités ont été demandées contre l’ancienne gouvernance, ravivant le traumatisme d’une gestion de l’eau longtemps dénoncée et dont les conséquences pèsent encore sur le quotidien des habitants.
Sur le terrain, l’insécurité s’impose une nouvelle fois comme une préoccupation majeure. À Kahani, des individus armés de machettes ont provoqué le confinement du lycée en pleine journée, semant la panique avant une intervention rapide des forces de l’ordre. Le week-end a également été marqué par une flambée de violences à Bandraboua, où plus de 200 jeunes, parfois mineurs, se sont affrontés et ont pris pour cible les gendarmes et des biens privés, illustrant une montée inquiétante de la violence collective.
La santé fait aussi la une avec un constat alarmant : près de 60 % de la population serait non affiliée, freinant l’accès aux soins. Le centre hospitalier de Mayotte a ouvert un vaste débat sur l’éthique médicale, confrontée à la précarité, aux barrières linguistiques et aux renoncements aux soins.
Dans ce contexte social tendu, la grande pauvreté reste omniprésente, touchant plus des trois quarts de la population et freinant durablement l’insertion économique. Pourtant, des dynamiques positives émergent. La technopole de Dembéni commence à structurer un écosystème d’innovation, tandis que l’économie sociale et solidaire confirme son rôle de levier pour l’emploi local.
Culture, patrimoine et identité trouvent aussi leur place avec la restauration d’édifices historiques, la transmission des savoir-faire maritimes et le rappel du rôle historique de l’ylang-ylang, symbole d’un passé où Mayotte rayonnait bien au-delà de l’océan Indien.





