L’arrivée d’une nouvelle ophtalmologue au Centre hospitalier de Mayotte est une bonne nouvelle. Une de plus, dira-t-on. Mais sur un territoire où la pénurie de spécialistes est chronique, chaque renfort compte. En matière de santé visuelle, les besoins sont immenses et souvent sous-estimés.
À Mayotte, les troubles de la vue touchent toutes les générations. Chez les enfants, des défauts visuels non corrigés freinent les apprentissages et aggravent les inégalités scolaires. Chez les adultes et les personnes âgées, les pathologies comme la cataracte, le glaucome ou les complications liées au diabète nécessitent un suivi régulier, trop souvent retardé par des délais d’attente interminables. Derrière ces retards, ce sont des pertes de chance bien réelles.
Cette nouvelle autorisation d’exercer, accordée dans le cadre du dispositif Padhue, illustre aussi la fragilité du système. Mayotte dépend largement de praticiens venus en renfort, parfois pour des durées limitées, afin d’assurer une continuité minimale des soins. Si ces dispositifs sont indispensables, ils ne peuvent constituer une solution durable à eux seuls.
L’enjeu dépasse la simple ouverture de consultations supplémentaires. Il s’agit de structurer un véritable parcours de soins, d’investir dans la prévention et de rendre le territoire attractif pour des spécialistes qui s’y installeraient sur le long terme. La santé visuelle n’est pas un luxe : elle conditionne l’autonomie, la réussite scolaire et la qualité de vie.
Cette arrivée est donc une avancée concrète. Elle rappelle surtout que, à Mayotte, chaque progrès en matière de soins spécialisés reste précieux, mais aussi fragile.







