Un marché public destiné à sécuriser les autocars de transport scolaire à Mayotte se retrouve aujourd’hui au cœur d’investigations judiciaires. Selon nos informations, un signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale aurait été transmis au procureur de la République par le Conseil départemental et la préfecture de Mayotte.
En cause, les conditions d’exécution d’un marché portant sur l’installation de vitres en polycarbonate destinées à protéger les véhicules contre les caillassages. Malgré l’ancienneté du contrat, conclu bien avant le passage du cyclone Chido, tous les autocars concernés n’auraient toujours pas tous été équipés. Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre pourquoi les travaux n’ont pas été entièrement réalisés alors que les sommes prévues auraient déjà été versées. L’utilisation des fonds publics ainsi que la conformité de l’exécution du marché font partie des éléments examinés dans le cadre de l’instruction en cours.
Par le passé, les responsables du dossier avaient invoqué des difficultés liées au fret maritime et aux délais d’acheminement du matériel vers Mayotte. Des explications qui peinent aujourd’hui à convaincre alors que plusieurs années se sont écoulées depuis le lancement de l’opération.
Le procureur de la République a confirmé qu’une enquête était en cours. À ce stade, les investigations n’en sont qu’à leurs débuts et aucune conclusion n’a encore été tirée. Les prochains mois devront permettre d’établir les responsabilités éventuelles et de déterminer si des irrégularités ont été commises dans la gestion de ce marché public.
Le Procureur de la République, Guillaume Dupont, rappelle par ailleurs que la lutte contre la délinquance financière et les atteintes à la probité constitue une priorité, notamment lorsqu’il s’agit de l’utilisation de fonds publics destinés à des équipements de sécurité.

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