Ce lundi, une nouvelle affaire de traversée en kwassa était examinée au tribunal. « Qu’auriez-vous fait en cas de naufrage ? », a demandé la présidente de l’audience de comparution immédiate au prévenu. « Je n’aurais rien pu faire », a répondu le jeune homme.
Le 1er septembre 2026, une embarcation partie d’Anjouan a pris la direction de Koungou avec 14 personnes à bord. Vers 20 heures, le kwassa a été intercepté par les gendarmes. Son pilote, âgé de 20 ans, a reconnu les faits au cours de sa garde à vue, puis à la barre du tribunal.
« J’avais besoin d’argent pour subvenir aux besoins de ma famille », a-t-il expliqué devant les magistrats. Selon ses déclarations, il devait recevoir 150 euros à condition de retourner à Anjouan avec l’embarcation. « Vous n’êtes pas très cher ! », a fait remarquer le tribunal.
Le procureur de la République, Guillaume Dupont, a précisé qu’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) avait d’abord été engagée, mais que « la peine négociée n’a pas pu aboutir ». La question de l’âge du prévenu, et notamment de son éventuelle minorité, s’est posée au cours de la procédure.
Le ministère public a requis six mois de prison ferme avec maintien en détention. De son côté, l’avocat du prévenu a demandé aux magistrats de prendre en considération son jeune âge. « Pour la sanction, je me rapporte à la sagesse du tribunal », a-t-il conclu. Il a été déclaré coupable et condamné à 6 mois de prison avec maintien en détention. Il a été interdit du territoire français pour une durée de 5 ans.





