À Mayotte, même un match de football peut désormais nécessiter des précautions particulières. Samedi dernier, l’USCJ Koungou 2 devait recevoir Trévani SC 1 au stade de Kangani. Mais à la veille de la rencontre, la préfecture a décidé d’interdire le match sur l’ensemble de la commune de Koungou et de l’organiser ailleurs.
En cause, non pas un problème sportif, mais les tensions entre groupes de jeunes de Koungou et de Trévani. Les services de sécurité avaient été informés d’un contexte conflictuel impliquant notamment des personnes liées aux deux équipes. La proximité entre Kangani et Trévani faisait également craindre l’arrivée de groupes susceptibles de se confronter aux joueurs ou supporters de Koungou.
Le risque était jugé suffisamment sérieux pour envisager des affrontements aux abords du terrain avant, pendant ou après le coup de sifflet. Les autorités ont donc préféré éloigner la rencontre du secteur plutôt que d’attendre un éventuel débordement.
L’épisode montre combien l’insécurité qui touche Mayotte s’invite également dans le sport. Le football, particulièrement populaire sur le territoire, rassemble chaque week-end joueurs, familles et supporters. Mais les rivalités entre villages peuvent dépasser largement les limites du terrain et compliquer l’organisation des rencontres.
Pour les autorités, l’enjeu est alors d’anticiper. Délocaliser un match permet de dissocier la compétition sportive des tensions existantes et d’éviter qu’un rendez-vous de football ne devienne le point de départ de nouveaux affrontements.
Un match délocalisé illustre les conséquences de l’insécurité sur le football à Mayotte

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