Tout juste âgé de 18 ans, il ressemblait davantage à un lycéen qu’aux pilotes de kwassa habituellement présentés devant le tribunal. Ce lundi, lors des comparutions immédiates, le jeune homme devait répondre d’une traversée clandestine entre Anjouan et Mayotte. « Ce n’est pas moi qui ai piloté », a-t-il affirmé à la barre.
Son avocat a défendu la thèse du bouc émissaire. Lors de ces traversées, le plus jeune peut être désigné comme pilote pour protéger le véritable responsable, qui risque une peine plus lourde en cas de récidive. « On me dit que c’est ce garçon le pilote, je ne rentre pas sur l’embarcation », a-t-il lancé, estimant que les passagers auraient hésité à embarquer avec un pilote aux traits encore adolescents.
Le tribunal a également évoqué cette possibilité. Le prévenu affirme avoir payé 200 euros pour traverser, contre 300 euros pour les autres passagers. Aurait-il accepté de se faire passer pour le pilote en échange d’un tarif réduit ? Le jeune homme le nie. « Je suis passager, j’ai payé », insiste-t-il.
Pour la substitute du procureur, il était bien aux commandes. Dénonçant « des faits qui mettent en danger tout le monde », elle a requis six mois de prison avec maintien en détention et trois ans d’interdiction du territoire français.
Malgré la demande de relaxe de son avocat, le jeune homme a été reconnu coupable et condamné à 12 mois de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction du territoire français
Un jeune de 18 ans condamné pour avoir piloté un kwassa alors qu’il affirme être un simple passager

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