Trois semaines sans transport scolaire à Mayotte. Trois semaines de trajets improvisés, d’absences contraintes et de fatigue accumulée pour des familles déjà sous pression. Le blocage du centre d’exploitation de MATIS a mis à nu une réalité brutale : lorsque les bus s’arrêtent, ce sont d’abord les élèves qui trinquent.
Dans une lettre ouverte adressée aux parents, la direction de l’entreprise décrit la situation précise aux parents et déplore la situation. Elle reconnaît des « conséquences concrètes » lourdes pour les foyers et assure avoir maintenu le dialogue avec les salariés et les services de l’État. Elle insiste surtout sur un point : le conflit ne se limite plus à une grève classique, mais à un blocage physique du dépôt qui empêche toute circulation, y compris pour des conducteurs non-grévistes et des bus prêts à rouler.
Derrière cet argumentaire, une ligne rouge est tracée : la continuité du service public de transport scolaire. À Mayotte, où l’accès à l’école reste fragile, chaque journée sans bus creuse un peu plus les inégalités. La direction affirme que « dès que l’accès au dépôt sera libéré, les bus reprendront la route ». Une promesse qui sonne comme un avertissement.
Ce conflit pose une question centrale : jusqu’où un rapport de force peut-il aller lorsque le droit à l’éducation est directement impacté ? En appelant au respect de la liberté de circulation et du travail, MATIS renvoie chacun à ses responsabilités. Reste à savoir si cet appel suffira à sortir de l’impasse, avant que l’école ne devienne, une fois encore, la victime silencieuse d’un bras de fer social.
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