L’ouverture de 36 postes de professeurs certifiés à affectation locale à Mayotte en 2026 est une mesure attendue, presque vitale pour le second degré. Dans des collèges et lycées soumis à une pression démographique constante, la question n’est plus seulement de recruter, mais de durer. Stabiliser les équipes pédagogiques est devenu un enjeu central de la réussite scolaire.
Chaque rentrée, les établissements font face à des départs en chaîne, à des remplacements tardifs et à des classes sans enseignant pendant plusieurs semaines. Cette instabilité fragilise les élèves, complique le travail des équipes et accentue les inégalités. Le concours à affectation locale tente d’apporter une réponse structurelle à cette réalité : recruter des enseignants en sachant, dès le départ, qu’ils exerceront à Mayotte.
La répartition des postes, notamment en mathématiques et en lettres modernes, reflète des besoins connus de longue date. La maîtrise du français et des disciplines scientifiques conditionne l’ensemble des apprentissages. Sans enseignants durablement présents, aucun projet pédagogique ne peut réellement s’inscrire dans le temps.
Mais ce dispositif, s’il est nécessaire, ne saurait suffire à lui seul. L’attractivité du territoire, les conditions de logement, l’accompagnement des nouveaux arrivants et les perspectives de carrière restent déterminants pour fidéliser les professeurs. Recruter localement, c’est bien. Donner envie de rester, c’est mieux.
Ces 36 postes constituent donc un signal positif. Ils rappellent surtout que, à Mayotte, l’avenir de l’école passe autant par les concours que par une politique globale de soutien aux enseignants.







