À l’Assemblée nationale, la députée de Mayotte Estelle Youssouffa est vivement intervenue en réaction au courrier adressé aux élus par Naïma Moutchou. Une prise de parole marquée par une forte inquiétude face aux engagements financiers annoncés par l’État pour la reconstruction du territoire, plus d’un an après le cyclone Chido.
L’élue a rappelé les discussions menées avec le gouvernement, au cours desquelles un engagement de 673 millions d’euros en autorisations d’engagement et de 432 millions d’euros en crédits de paiement pour 2026 avait été évoqué. Elle avait, pour sa part, demandé un milliard d’euros afin de répondre à l’ampleur des besoins de l’île.
Or, dans les dernières annonces du ministère des Outre-mer, seuls 674 millions d’euros d’engagement sont mentionnés, sans précision sur les crédits de paiement. Pour Estelle Youssouffa, cette absence remet en cause la réalité même de la reconstruction. Sans crédits effectivement mobilisables, les projets ne peuvent pas démarrer, a-t-elle souligné, estimant que « le compte n’y est pas ».
Le gouvernement invoque un manque de maturité des projets. Un argument contesté par la députée, qui rappelle que les infrastructures inscrites dans la loi de reconstruction, comme l’eau potable, l’hôpital, la cité judiciaire ou l’aéroport, existaient bien avant le cyclone. Des projets qualifiés hier d’aboutis, mais toujours en attente de mise en œuvre.
Elle a également dénoncé une situation locale toujours critique. Les entreprises restent fragilisées, les collectivités attendent le remboursement des dépenses engagées après Chido et la crise de l’eau perdure. À cela s’ajoutent la reprise des violences, la pression migratoire et la hausse du coût des matériaux, notamment du ciment, dont le prix aurait augmenté d’environ 25 %.
Estimant que les engagements pris ne sont pas respectés, Estelle Youssouffa a déclaré que la confiance avec le gouvernement était rompue. Elle a annoncé son intention de voter la motion de censure, affirmant que Mayotte ne pouvait plus accepter d’être la variable d’ajustement budgétaire de l’État.






