La musique mahoraise perd l’un de ses représentants emblématiques. Le chanteur Langa, de son vrai nom Oili Toumbou Soumaïli, est décédé ce dimanche matin à Tsararano, son village natal. L’annonce de sa disparition suscite une vive émotion parmi les artistes et tous ceux qui ont grandi au rythme de sa musique.
Auteur, compositeur et interprète, Langa avait commencé à jouer du gaboussi dès l’âge de 15 ans, après qu’un ami lui eut prêté cet instrument traditionnel proche du luth. Fasciné par ses sonorités, il avait ensuite fabriqué son propre gaboussi avant d’animer de nombreuses soirées dans les villages de Mayotte.
À travers sa voix, ses compositions et cet instrument indissociable de son parcours, Langa participait à la transmission d’un patrimoine musical profondément enraciné dans l’histoire et la culture de l’archipel. Il appartenait à cette génération d’artistes capables de faire vivre la tradition tout en la partageant avec un public plus large. « Langa a magnifié la langue mahoraise dans sa musique. Si le français est la langue de Molière, le shimaoré est la langue de Langa. » écrit Yasmina Aouni dans un message touchant.
Sa disparition laisse aujourd’hui un grand vide dans le paysage culturel mahorais. Elle rappelle aussi l’importance de préserver les œuvres, les récits et les savoir-faire des artistes qui ont construit la mémoire musicale de l’île. Mayotte perd une voix, un musicien et un passeur de culture. Ses chansons, elles, continueront de faire résonner le gaboussi et l’âme de tout un territoire.
La rédaction présente ses condoléances à la famille.







