Durant deux jours, à l’hémicycle Younoussa Bamana, la participation de Mayotte aux Jeux des îles 2027 aux Comores, a été débattue. Un sujet qui dépasse largement le seul cadre sportif pour prendre une dimension politique, dans un contexte de tensions persistantes entre les deux territoires.
Une participation qui ravive les tensions politiques et diplomatiques
Les échanges ont mis en évidence de nettes lignes de fracture. D’un côté, des responsables politiques et des collectifs opposés à la participation de Mayotte aux Jeux des îles de l’océan Indien aux Comores en 2027. Ils estiment que les conditions ne sont pas réunies. De l’autre, des intervenants inquiets des conséquences qu’une non-participation pourrait avoir sur la place future de Mayotte dans cette compétition régionale, alors que le territoire s’est battu par le passé pour y être admis.
Des conditions de participation jugées discriminantes
Les débats ont également rappelé les conditions particulières imposées à Mayotte dans le cadre des Jeux des îles. Le territoire n’est pas autorisé à utiliser l’hymne national ni le drapeau tricolore lors des compétitions. Cette interdiction s’applique même lorsque celles-ci ne sont pas organisées aux Comores. Ces limitations sont un point régulièrement dénoncé comme symbolique des limites de la reconnaissance accordée à Mayotte.
Sport, politique et rôle des athlètes : un consensus introuvable
Du côté du mouvement sportif, certains plaident pour une stricte séparation entre sport et politique. Ils considèrent que la compétition ne devrait pas être instrumentalisée. Cette position ne fait toutefois pas l’unanimité. Haïroudine Anzizi, président de la Ligue mahoraise de handball, s’est ainsi déclaré opposé à un déplacement des handballeurs mahorais aux Comores.
Un athlète a par ailleurs estimé que « ce sont les athlètes qui devraient avoir le dernier mot ». Un ancien sportif ayant participé aux Jeux des Îles a également évoqué les humiliations subies lors de précédentes éditions. Il a affirmé qu’il n’enverrait jamais sa fille dans ce cadre.
Sécurité, organisation et contexte local : des inquiétudes persistantes
La question de la sécurité a aussi été soulevée. La députée Estelle Youssouffa a évoqué des précédents jugés préoccupants. « Une délégation mahoraise avait déjà été attendue à Madagascar par des Comoriens qui voulaient lui taper dessus. Imaginez aux Comores… on ne pourra pas envoyer de gendarmes pour vous sécuriser. » Plusieurs intervenants ont également rappelé les tensions observées lors des derniers Jeux des jeunes de l’océan Indien organisés aux Seychelles. Ces Jeux ont été marqués par des réclamations répétées après des victoires de Mayotte face aux Comores.
Les échanges ont enfin porté sur la capacité des Comores à organiser les Jeux dans de bonnes conditions, ainsi que sur le contexte démographique de Mayotte, présenté comme un élément de complexité du débat, où près de 48 % de la population est de nationalité étrangère, principalement comorienne.
Une décision attendue, aux conséquences multiples
À ce stade, aucune décision n’a été arrêtée. Mais le débat sur cette participation de Mayotte aux Jeux des Îles 2027 se prolonge en dehors des sphères officielles et alimente les passions. La vice-présidente Zouhouria Mouayad Ben a indiqué que les avis seraient examinés en commission avant un arbitrage en assemblée plénière. Une décision qui, quelle qu’elle soit, ne sera pas sans conséquences.Suivez l’actualité à Mayottesur l’Info Kwezi pour connaître l’évolution de ce dossier sensible à Mayotte.






