Le renouvellement des présidences et des bureaux des syndicats pourrait marquer un tournant majeur dans la gestion des ordures ménagères sur le territoire. En effet, à l’approche des élections dans les syndicats, une réflexion gagne du terrain. Plusieurs nouveaux maires et présidents d’Interco souhaitent récupérer la compétence collecte des déchets à Mayotte aujourd’hui assurée par le Sidevam. Objectif affiché : améliorer la propreté des communes, réduire les coûts et adapter davantage le service aux réalités du terrain.
Collecte des déchets à Mayotte : des élus qui dénoncent un service coûteux et inefficace
Cette réflexion sur la gestion des déchets à Mayotte n’est pas totalement nouvelle. Mais elle prend aujourd’hui une ampleur inédite face aux difficultés croissantes rencontrées dans plusieurs communes. Beaucoup d’élus estiment que les collectivités versent des montants importants au Sidevam. Elles continuent en même temps à financer elles-mêmes des opérations de propreté urbaine afin de maintenir un minimum de salubrité dans leurs communes. À cette contribution s’ajoute la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la TEOM, prélevée sur la taxe foncière. Pour plusieurs collectivités, la question du coût devient donc centrale. Beaucoup considèrent qu’il existe aujourd’hui un déséquilibre entre les sommes engagées et la qualité du service rendu sur le terrain.
Gestion des déchets à Mayotte : une confusion entre collecte et propreté urbaine
Le débat dépasse désormais la seule question financière. Plusieurs élus soulignent également la confusion persistante entre propreté urbaine et collecte des déchets ménagers. Dans certaines communes, les équipes municipales doivent régulièrement intervenir pour nettoyer des dépôts sauvages ou des déchets abandonnés alors même que la collecte relève théoriquement d’une autre structure, mais que la conteneurisation absente complique le partage clair des responsabilités.
Financement de la collecte : la contribution des professionnels en débat
Autre sujet sensible : la participation des professionnels au financement du service public. Restaurateurs, commerçants et petites entreprises utilisent largement le service public de collecte. Alors que leurs déchets ne correspondent pas toujours aux déchets ménagers produits par les familles. Plusieurs responsables locaux estiment qu’une réflexion doit être engagée sur une facturation plus adaptée aux volumes et aux types de déchets produits par les acteurs économiques.
La Cadéma, un modèle alternatif pour la gestion des déchets à Mayotte
Dans ce contexte, certains élus regardent désormais du côté de la Cadéma, qui assure déjà directement sa collecte et sa propreté urbaine. Cette organisation est souvent présentée comme plus réactive car davantage connectée aux réalités quotidiennes des communes, aux événements locaux et aux contraintes du terrain.
Si les intercommunalités récupéraient effectivement la compétence collecte des déchets, le Sidevam pourrait alors recentrer son action sur :
- Le traitement des déchets
- Le recyclage
- Le développement d’infrastructures jugées insuffisantes à Mayotte, notamment les déchetteries
Plusieurs élus évoquent également la nécessité d’anticiper l’avenir de l’installation de stockage des déchets non dangereux de Dzoumogné.
Reprise de la collecte par les intercos : une réforme qui pourrait s’accélérer après les élections
L’hypothèse d’une présidence d’intercommunalité confiée à un élu de Petite-Terre pourrait d’ailleurs accélérer cette réflexion. Des études avaient déjà été engagées à l’époque où Saïd Omar Oili dirigeait Dzaoudzi-Labattoir, même si les contraintes financières rendaient alors le projet difficilement réalisable.
Pour de nombreux élus, l’objectif reste désormais double. Mieux répartir les coûts entre collectivités et améliorer enfin la qualité du service public rendu à la population.
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