Les élections municipales de mars 2026 à Mamoudzou étaient au cœur d’une audience, ce mardi 8 septembre, devant le tribunal administratif. Arrivé deuxième du scrutin, Ahamada Haribou a déposé un recours pour demander l’annulation des élections, dont il conteste la régularité et la sincérité.
À l’appui de sa requête, plusieurs griefs ont été avancés contre le maire sortant, Ambdilwahedou Soumaila. Selon Ahamada Haribou, des moyens municipaux auraient été utilisés au profit de la campagne électorale. Il met également en cause la distribution de bons alimentaires durant le ramadan et l’attribution d’une subvention à une association, susceptibles, selon lui, d’avoir influencé des électeurs.
Le requérant évoque aussi un tarif qui aurait été privilégié auprès d’un imprimeur pour les bulletins, affiches et professions de foi, ainsi qu’un non-respect du silence électoral et des pressions sur des électeurs. La question de bulletins imprimés avec deux couleurs différentes a également été examinée à l’audience.
Le rapporteur public a proposé de retrancher 62 voix, sans incidence sur la répartition des sièges, et a conclu au rejet de la demande d’annulation.
L’avocate d’Ahamada Haribou a estimé que « la corruption électorale est un phénomène sociétal à Mayotte » et souhaite que cette affaire « permette d’obtenir une jurisprudence ». Ambdilwahedou Soumaila a, lui, affirmé qu’« à Mamoudzou, la démocratie s’exerce pleinement ». Le délibéré sera rendu dans une semaine.





