Les avocats du barreau de Mayotte ont décidé de prolonger leur mouvement de grève jusqu’au 13 avril, à l’issue d’un vote en assemblée générale. Une décision qui marque un durcissement de la mobilisation engagée depuis le 1er avril, dans un contexte de forte contestation du projet de loi sur la justice criminelle, issu du texte dit « SURE ». Tous les dossiers de l’audience de mardi ont été renvoyés.
Cette échéance n’a pas été fixée au hasard. Elle coïncide avec l’examen en séance plénière, en première lecture, de la première partie de ce projet de loi, prévu le 13 avril 2026. Pour les avocats, ce calendrier vise à peser directement sur le débat parlementaire en cours.
Dans une motion adoptée le 6 avril, le barreau dénonce un texte qui « sacrifie les fondements mêmes du procès pénal criminel » en introduisant notamment un mécanisme de plaider coupable pour les crimes les plus graves . Selon eux, cette évolution remettrait en cause les principes d’un procès public, contradictoire et équitable, en limitant notamment l’audition de témoins et d’experts.
Au-delà des aspects juridiques, les avocats pointent également un manque structurel de moyens. Ils estiment que la réforme vise avant tout à désengorger les juridictions, sans répondre aux besoins en magistrats et en greffiers, particulièrement criants sur le territoire.
La grève, qualifiée de « totale », concerne l’ensemble des activités judiciaires, avec la suspension des permanences, y compris en matière de garde à vue. Le 13 avril a par ailleurs été décrété « journée justice morte » au niveau national, inscrivant le mouvement local dans une mobilisation plus large
Les avocats du Barreau de Mayotte en grève jusqu’au 13 avril : les audiences renvoyées

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