La saison des alizés est bien installée. La mer est plus formée, les vents plus soutenus et les traversées entre Anjouan et Mayotte nettement plus dangereuses. Pourtant, les kwassas continuent de prendre la mer, souvent au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Dans la nuit de lundi à mardi, il a fallu deux interventions des unités nautiques des forces de l’ordre pour éviter un nouveau drame sur le lagon.
Au large de Saziley puis près de Bouéni, deux embarcations surchargées transportant au total 35 migrants, mais aussi des animaux, ont été secourues avant qu’elles ne chavirent. Une issue heureuse qui rappelle combien l’entrée dans le lagon constitue l’un des passages les plus périlleux de cette traversée clandestine en cette période de l’année.
Les passagers ont été conduits au centre de rétention administrative de Dzaoudzi en vue de leur éloignement, tandis que les deux passeurs présumés devaient être jugés en comparution immédiate demain. Mais au-delà de ces interpellations, une question demeure : combien d’autres embarcations tentent chaque nuit la traversée sans être repérées ?
Les alizés augmentent le risque, mais ils ne ralentissent manifestement pas les filières clandestines. Chaque intervention des forces de l’ordre rappelle que leur mission ne consiste pas seulement à lutter contre l’immigration irrégulière, mais aussi, très souvent, à sauver des vies. Un paradoxe permanent dans lequel l’urgence humanitaire précède systématiquement la réponse judiciaire.

Tags:
- à la une, à la une principale, alizés, Bouéni, centre de rétention, Dzaoudzi, forces de l'ordre, immigration clandestine, kwassa, lagon de mayotte, mayotte, Migrants, passeurs, Saziley, Secours en mer







