La justice a présenté un bilan chiffré soutenu lors de l’audience solennelle de rentrée du tribunal judiciaire de Mamoudzou, marquant le passage à 2026 dans un contexte de forte pression pénale. Le procureur de la République, Guillaume Dupont, a rappelé que « les Mahorais ont soif de justice » face à une « délinquance hors norme, tueuse », tout en saluant le travail des forces de l’ordre avec « de notre soutien le plus absolu ».
Les chiffres traduisent une activité toujours élevée : 3 000 procédures enregistrées en 2025, soit 15 % de moins qu’en 2024, mais 4 359 gardes à vue et 859 déferrements. Pour 2026, le parquet annonce quatre axes majeurs : les troubles à l’ordre public avec « une nouvelle doctrine d’enquête », car un simple « aveu ne suffit plus », la lutte contre l’immigration et le « fléau de la traite des êtres humains », la délinquance des mineurs qualifiés de « jeunes désœuvrés influençables » qui « agissent sans foi ni loi », ainsi que la fraude à l’état civil.
Magistrats et avocats alertent sur le manque d’effectifs et des conditions de travail jugées toujours insuffisantes
De son côté, la présidente du tribunal, Sophie de Borggraef, a évoqué une « année éprouvante » dans un contexte post-Chido. Malgré cela, 2 600 décisions pénales ont été rendues. Le service d’instruction a traité 85 % de dossiers criminels contre 15 % de procédures correctionnelles. Elle a pointé deux postes de magistrats vacants et des « moyens désespérément pas à la hauteur ».







