Les filières migratoires vers Mayotte fonctionnent désormais comme un véritable marché organisé. C’est ce que révèle un rapport publié le 15 avril 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, appuyé par plusieurs enquêtes internationales.
Derrière les traversées clandestines se dessine une mécanique bien rodée, avec des itinéraires précis, des tarifs définis et des promesses commerciales parfois trompeuses. Sur cinquante migrants interrogés, trente-sept ont eu recours à un passeur, preuve de l’ampleur de ces réseaux structurés.
Le parcours le plus fréquent débute à Dar es-Salaam, en Tanzanie. Les migrants sont embarqués sur des chalutiers, puis transférés vers les Comores avant de rejoindre Mayotte à bord de kwassa-kwassa. Ces trajets, éprouvants et dangereux, sont facturés entre 500 et 2 000 dollars. D’autres itinéraires, plus directs ou plus longs, peuvent atteindre des sommes bien plus élevées, notamment pour certains ressortissants somaliens, contraints de payer jusqu’à 6 000 dollars.
Les passeurs jouent un rôle central dans cette organisation. Présents dès les points de départ, ils recrutent, orientent et vendent des « forfaits » adaptés aux profils des migrants. Certaines annonces, repérées sur les réseaux sociaux, promettent des conditions de voyage confortables, bien loin de la réalité décrite par les survivants.
Car derrière cette logique commerciale se cache une réalité brutale. Les traversées se font souvent dans des embarcations précaires, sans garantie de sécurité. Le naufrage survenu en mars 2026, au large des Comores, a rappelé le coût humain de ces filières, avec plusieurs dizaines de victimes.
Ce système illustre l’adaptation constante des réseaux face à la demande migratoire. Entre espoir d’un avenir meilleur et exploitation économique, ces routes maritimes restent l’un des visages les plus tragiques des migrations dans l’océan Indien.










