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La loi sur le pouvoir d’achat ne prend pas en compte la situation spécifique des Outre-mer

L’examen de la loi pour le pouvoir d’achat a commencé à l’Assemblée nationale avec son lot de folklore. Comme on pouvait s’y attendre, les députés ont envie, au travers de l’étude de ce premier texte, de montrer leur force et surtout leur pouvoir de nuisance entre insultes et invectives qui ne font pas honneur à la République, les députés livrent un spectacle pathétique. Entre les salves, les articles du texte de loi qui en compte 20 sont épluchés les uns après les autres et force est de constater que l’outre-mer n’est pas à l’honneur…

C’est au travers d’un amendement déposé par un député réunionnais que la stratégie du gouvernement s’agissant du pouvoir d’achat en outre-mer a été révélée. Le député demandait à ce que la prime Macron soit adaptée aux spécificités des départements d’outre-mer au regard des surcoûts de la vie.

La rapporteure du texte, Charlotte Parmentier-Lecoq, député Renaissance, a ainsi expliqué qu’il y aurait d’autres textes et d’autres occasions de répondre aux difficultés des départements d’outre-mer ce qui a déclenché la colère des parlementaires ultramarins dans l’hémicycle «venez, venez vivre l’inégalité» a été hurlé par les députés réunionnais avant qu’un député de la Martinique ne prennent le relais. Un député polynésien s’est ouvert dans la Salle des 4 colonnes à la presse en affirmant que les outre-mer étaient les grands oubliés du projet de loi. Du côté de La Réunion même son de cloche, «un texte pas assez complet pour la métropole et complètement vide pour les outre-mer». Pour tous les députés ultramarins, les inégalités entre la métropole et les départements d’outre-mer existent à différents niveaux pour chacun des territoires, l’Etat le sait et l’Etat ne fait rien. Le gouvernement via les députés Renaissance renvoie la prise en considération de la vie chère en outre-mer aux annonces du ministre délégué Carenco quand il a annoncé la mise en place d’un Oudinot de la vie chère.

La solidarité qui commence à apparaître en ce début de législature entre les députés est de très bon augure et s’inscrit dans la droite ligne de l’appel des présidents de régions ultramarines il y a quelques semaines en marge d’un congrès des RUP. Le ton est donc donné.

Avec 6,2% d’inflation depuis le début de l’année, Mayotte est le département qui subit le plus l’augmentation des prix de l’ensemble des départements d’outre-mer. Il y a fort à parier que si la loi sur le pouvoir d’achat est votée sans disposition spécifique pour les départements d’outre cher d’outre-mer, la rentrée sera bien compliquée pour le gouvernement. Dans chaque département la liste des doléances est longue.

Qu’est-ce que cela implique à Mayotte cette absence de prise en compte ? Lorsque des coups de pouce sont donnés aux minima sociaux et aux retraites, que se passe t-il pour nous ? Mayotte subit des dispositions spécifiques pour les retraites et les minima sociaux, allons-nous passer à côté de ces augmentations ? Allons-nous au final voir les écarts se creuser entre nous et la métropole en recevant le pourcentage d’un pourcentage ? Comment les partenaires sociaux et les syndicats vont-ils accueillir la nouvelle ? quelles sont les marges de manœuvre de nos 4 parlementaires ? beaucoup de questions et encore bien peu de réponses.

Anne Constance Onghéna
Pour France Mayotte matin

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