La section régionale du Syndicat de la Magistrature tire la sonnette d’alarme sur l’état de la justice à Mayotte et à La Réunion. Dans un communiqué, elle dénonce un manque persistant de moyens et une attention jugée insuffisante des pouvoirs publics, notamment après le passage du cyclone Chido en décembre 2024, qui a durement affecté les juridictions mahoraises.
Les magistrats rappellent que, dans ce contexte dégradé, leurs collègues ont tenté d’assurer une continuité du service public « gravement touchés » par la situation matérielle et humaine. Ils pointent le retard et la faiblesse de la réaction ministérielle, estimant que la justice ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiques mais rester au service des citoyens et de l’État de droit.
La visite du garde des Sceaux est vivement critiquée. Le syndicat souligne le faible temps accordé aux échanges avec les magistrats à Mayotte, alors même que le tribunal judiciaire de Mamoudzou reste hors service plus d’un an après le cyclone. Pour les auteurs du communiqué, ce déséquilibre révèle des priorités mal assumées.
Sur le fond, la situation des effectifs est jugée alarmante. Malgré des annonces ministérielles optimistes, les chiffres avancés montrent une justice largement sous-dotée, très en dessous des moyennes nationales et européennes. Budgets gelés, postes insuffisants et surcharge des contentieux alimentent un épuisement généralisé des personnels.
Le Syndicat de la Magistrature appelle le ministère à plus de sincérité et à dégager les moyens humains et financiers nécessaires pour garantir une justice de qualité, juste et égale pour tous.
Justice à Mayotte : la colère froide des magistrats du Syndicat National de la Magistrature

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