Édouard Balladur est mort lundi 31 août à Paris, à l’âge de 97 ans. L’ancien Premier ministre, qui dirigea le gouvernement de 1993 à 1995, laisse à Mayotte un héritage politique vivant : le visa qui porte son nom.
Le 24 novembre 1994, il devient le premier chef de gouvernement à visiter officiellement l’île. Près de vingt ans après le choix des Mahorais de rester français, ce déplacement réaffirme l’engagement de Paris, alors que Moroni conteste la souveraineté française, déjà…
Mais son nom reste surtout associé au 18 janvier 1995. Jusqu’alors, les Comoriens bénéficiaient à leur arrivée d’une autorisation automatique de séjour de trois mois. Face à l’accélération des flux et au creusement des écarts entre les îles, son gouvernement leur impose d’obtenir un visa avant le départ.
Cette nouvelle frontière freine les entrées légales sans arrêter les arrivées. Une partie des voyageurs se tourne vers les filières clandestines et les traversées en kwassa-kwassa. Le visa n’est pas l’unique cause de l’immigration, nourrie aussi par la pauvreté, les crises politiques et les liens familiaux, mais il en change les modalités.
Le visa d’entrée de 1995 ne doit pas être confondu avec la territorialisation des titres de séjour, issue de textes ultérieurs. Trente et un ans plus tard, le nom de Balladur demeure inscrit dans les débats de Mayotte.







