Un fait d’une extrême gravité s’est produit mardi 24 février à Trévani, dans la commune de Koungou. En fin d’après-midi, un homme souffrant de troubles de la personnalité s’est aspergé d’essence avant de s’immoler par le feu. Dans un état de grande agitation, il a attrappé une voisine, lui occasionnant des blessures au bras, rapportent les témoins de la scène.
Rapidement alertés, les secours sont intervenus. La voisine, consciente, a été prise en charge par les pompiers. Le mis en cause, grièvement brûlé au torse et au visage, a également été évacué vers l’hôpital. Son pronostic vital était engagé au moment de son transport.
Au-delà du choc provoqué par ces faits, ce drame met une nouvelle fois en lumière une réalité préoccupante à Mayotte : l’insuffisance de la prise en charge des troubles psychiatriques. Faute de structures adaptées, de suivi médical régulier et de solutions d’accompagnement en amont, des personnes en grande fragilité psychique se retrouvent sans réponse, jusqu’à basculer dans des situations de crise.
Sur le territoire, cette carence conduit régulièrement des personnes qui relèveraient avant tout du soin à se retrouver face à la justice, après avoir commis des délits ou provoqué des violences. Une dérive dénoncée de longue date par les professionnels, qui alertent sur l’absence de moyens suffisants en santé mentale.
Le drame de Trévani rappelle ainsi que la réponse pénale ne peut se substituer durablement à la réponse sanitaire. À Mayotte, renforcer la prise en charge des troubles psychiques apparaît comme une urgence pour prévenir de nouveaux passages à l’acte et protéger à la fois les personnes fragiles et leur entourage.

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