La venue de Gérald Darmanin à Mayotte aura été marquée par un message clair : face à la délinquance juvénile, l’État entend reprendre la main. Inauguration d’une unité éducative, promesses de renforts, réforme de la Protection judiciaire de la jeunesse… Le discours se veut à la fois structurant et rassurant, dans un territoire où la pression sociale et démographique met à rude épreuve l’institution judiciaire.
Sur le fond, le constat est largement partagé : des mineurs trop souvent livrés à eux-mêmes, des parcours chaotiques, une récidive alimentée par l’absence de perspectives. En insistant sur la formation, l’encadrement et la coordination entre acteurs – Éducation nationale, RSMA, Département –, le ministre esquisse une réponse plus cohérente que les simples placements temporaires sans suivi réel.
Mais la ligne défendue assume aussi une fermeté assumée sur le terrain migratoire. L’expulsion des mineurs étrangers en situation irrégulière avec leurs parents est présentée comme une évidence politique, au risque de réduire une réalité complexe à une réponse strictement sécuritaire. À Mayotte, la frontière entre protection de l’enfance et contrôle des flux reste fragile.
Entre ambition éducative et discours de fermeté, la visite ministérielle révèle surtout l’ampleur du défi. Sans moyens durables ni vision à long terme, les annonces risquent de rester symboliques. À Mayotte, plus qu’ailleurs, la justice des mineurs ne peut se contenter de slogans : elle engage l’avenir même du territoire.







