La violence qui frappe Mayotte a, selon certains élus, franchi un seuil inédit. Attaques à la machette, embuscades coordonnées, jets massifs de projectiles sur les axes routiers : ces faits ne relèveraient plus seulement de la délinquance classique, mais d’actions organisées visant à instaurer un climat durable de peur sur le territoire.
C’est ce diagnostic que porte Soula Saïd-Souffou, conseiller à l’Assemblée de Mayotte, qui a décidé de saisir directement le Premier ministre le 5 février 2026. Pour lui, une partie des violences constatées pourrait relever des infractions prévues par le Code pénal en matière de terrorisme. Une qualification lourde, mais qu’il estime désormais impossible à écarter.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité d’une motion adoptée dès 2023 par le Conseil départemental de Mayotte, demandant l’ouverture d’une enquête sur la nature réelle des faits. Le préfet et le parquet national antiterroriste avaient alors été saisis, avant que le dossier ne soit renvoyé au niveau local, sans enquête préalable.
Face à l’intensification des violences, l’élu appelle aujourd’hui à des investigations approfondies, à l’identification des commanditaires et à une révision urgente de la doctrine d’emploi des forces de sécurité de l’État. En toile de fond, une question majeure demeure : la réponse actuelle est-elle à la hauteur d’une menace qui, à Mayotte, semble avoir changé de nature ?








