Créé en 2021 pour améliorer la gestion des fonds européens à Mayotte, le GIP L’Europe à Mayotte doit encore consolider son organisation. Dans son rapport définitif, la chambre régionale des comptes relève des faiblesses dans le pilotage des ressources humaines, le contrôle interne, le suivi des subventions et la fiabilité des documents budgétaires.
La juridiction critique également les conditions d’installation du groupement à Tsingoni. Près de 750 000 euros de travaux ont été réalisés dans un immeuble loué, alors qu’une partie de ces aménagements relevait, selon elle, de la responsabilité du propriétaire. Des irrégularités sont aussi signalées dans la passation de certains marchés.
La chambre estime par ailleurs que la stratégie de consommation rapide des crédits européens a favorisé de grandes opérations portées par un nombre limité d’acteurs, au détriment des petites entreprises qui composent pourtant l’essentiel du tissu économique mahorais.
Elle formule six recommandations, dont la mise en place d’un suivi fiable des dossiers, l’adaptation des appels à projets aux capacités locales, le contrôle du temps de travail et l’adoption d’un plan de formation.
Le GIP indique avoir engagé plusieurs corrections : création d’un outil centralisé de suivi des demandes, préparation d’un nouveau système d’information RH et élaboration d’un plan de formation 2026-2028 doté de 300 000 euros. L’enjeu est désormais de transformer une structure née dans l’urgence en un outil durable et fiable.







