Une affaire vieille de près de sept ans est revenue devant le tribunal de Mamoudzou ce mardi matin. Le 10 novembre 2019, un kwassa d’environ sept mètres transportant une vingtaine de personnes avait été intercepté par la Police aux frontières à quatre nautiques de l’îlot de Mtsamboro.
Lors de l’intervention, le pilote avait refusé d’obtempérer. Au cours de la procédure, il avait expliqué avoir agi par peur. Des passagers avaient également crié au moment de l’interception, sans que leurs paroles puissent être précisément établies. L’embarcation avait ensuite pris l’eau avant de couler.
Cette affaire avait surtout marqué l’actualité après la chute à l’eau d’un passager, qui avait eu les deux jambes sectionnées. Mais le tribunal n’était pas saisi de ces faits ce mardi, un non-lieu partiel ayant été rendu sur ce volet du dossier.
Pour le pilote, le parquet avait requis trois ans de prison ferme assortis d’un mandat d’arrêt. Le tribunal l’a finalement condamné à deux ans de prison ferme avec mandat d’arrêt. Celui-ci permettra son incarcération s’il revient à Mayotte.
Une décision qui s’inscrit dans la fermeté affichée par le parquet face aux filières d’immigration clandestine. « La décision du tribunal démontre la fermeté contre toute exploitation de la dignité humaine. Je considère qu’un pilote de kwassa a le même degré de responsabilité que le commanditaire d’une filière. Je serai continuellement déterminé dans les poursuites pénales contre quiconque entend exploiter l’immigration clandestine, sous toutes ses formes, participant à l’économie souterraine à Mayotte », a déclaré le procureur de la République, Guillaume Dupont.
Le procureur de la République affiche sa fermeté face aux filières d’immigration clandestine

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