Il aura fallu moins de vingt-quatre heures pour que la nouvelle organisation du port de Longoni rencontre son premier accroc. Depuis le 1er septembre, l’Établissement public du port de commerce de Mayotte pilote officiellement le site. Mais dès mercredi matin, Manu-Port n’assurait plus les opérations de manutention dont la société a la charge.
Conséquence immédiate : les conteneurs ne peuvent plus être réceptionnés normalement. Pour des raisons de sécurité et d’exploitation, l’EPPCM refuse donc l’entrée de nouvelles unités, vides ou pleines, lorsqu’aucune prise en charge n’est possible. Le port n’est pas fermé, insiste la collectivité, mais une partie essentielle de son fonctionnement est bien perturbée.
Le Département-Région dément tout problème d’assurance concernant le nouvel établissement public. Il évoque plutôt les difficultés ponctuelles d’un opérateur à adapter ses outils au nouveau contexte portuaire, sans préciser la nature de ces ajustements ni annoncer de date de reprise.
Ce premier incident intervient au moment où Mayotte attendait de la nouvelle gouvernance davantage de maîtrise et de continuité. Le passage de relais est effectif et les équipes de l’EPPCM sont annoncées opérationnelles, mais la chaîne portuaire reste dépendante du manutentionnaire.
Dans un territoire dont l’approvisionnement repose largement sur le port de Longoni, le moindre arrêt peut rapidement avoir des conséquences. La priorité est désormais claire : rétablir la manutention et éviter que ce premier accroc ne se transforme en blocage durable.







