Le sénateur de Mayotte Saïd Omar Oili réagit à la publication du décret renforçant les pouvoirs du préfet jusqu’en 2030. Dans un communiqué, il estime que ce texte, pris en application de la loi d’urgence pour Mayotte, soulève davantage de questions qu’il n’apporte de réponses.
Le parlementaire s’interroge d’abord sur le délai de publication du décret, intervenu près d’un an après l’adoption de la loi. Il juge également le texte « très succinct » et s’interroge sur la capacité des services de l’État à exercer cette nouvelle mission de coordination. Il cite notamment les difficultés rencontrées, selon lui, dans le pilotage de certains dossiers, comme les fonds européens, alors que le préfet devra désormais coordonner une vingtaine d’organismes supplémentaires.
Sa principale réserve porte toutefois sur le rôle de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRDM). Saïd Omar Oili relève que cet organisme est expressément exclu du champ des nouveaux pouvoirs confiés au préfet. Une disposition qu’il juge paradoxale, l’établissement étant présenté comme le « bras armé » de la reconstruction de Mayotte. Selon le sénateur, cette exclusion interroge sur la répartition réelle des responsabilités entre l’État et l’établissement public.
Ce communiqué intervient au lendemain de la publication du décret qui confère au préfet une autorité fonctionnelle renforcée jusqu’au 31 décembre 2030 pour coordonner une partie des services de l’État et des établissements publics intervenant dans la reconstruction et le développement de Mayotte.





