À Mayotte, la convergence sociale se limite, pour les retraites, aux effets d’annonce. Deux décrets du 29 juillet sont présentés comme une avancée pour les parents. Pourtant, lorsqu’on regarde précisément leur application, les cotisants mahorais restent une nouvelle fois au bord du chemin.
Certes, à compter du 1er septembre, jusqu’à deux trimestres accordés au titre des enfants pourront être considérés comme cotisés pour obtenir une retraite anticipée pour carrière longue. Mayotte est explicitement concernée. Mais aucun trimestre supplémentaire n’est créé : deux trimestres déjà acquis seront simplement comptabilisés différemment.
Pendant ce temps, les parents relevant du régime général bénéficieront d’un avantage bien plus concret. Leur pension sera calculée sur les 24 meilleures années lorsqu’ils ont un enfant et sur les 23 meilleures à partir de deux enfants, au lieu de 25 aujourd’hui. Les années de faibles revenus liées aux interruptions ou ralentissements de carrière pourront ainsi être écartées.
À Mayotte, rien ne change sur ce point. Le régime local conserve un calcul fondé sur les 25 meilleurs salaires annuels. Un même décret, deux réalités : une pension améliorée en métropole, un calcul inchangé à Mayotte.
L’inégalité va même plus loin puisque la majoration de durée d’assurance reste limitée ici à trois enfants par assuré et par couple, contrairement au droit commun qui ne prévoit pas ce plafond général.
Deux trimestres mieux comptabilisés ne peuvent masquer cette différence de traitement. Pour ceux qui travaillent, cotisent et espèrent enfin bénéficier de droits comparables, la déception est immense. Ils restent les laissés-pour-compte de cette convergence sociale toujours annoncée et jamais achevée.





