C’est un nouveau coup d’arrêt pour l’usine de dessalement d’Ironi Bé, pourtant très attendue dans un territoire confronté à une crise chronique de l’eau. Le tribunal administratif de Mayotte a suspendu l’autorisation environnementale délivrée le 3 juillet 2025 au syndicat Les Eaux de Mayotte. Cette décision ne signe pas l’abandon du projet : le préfet et le LEMA disposent de six mois pour corriger trois illégalités.
La première concerne l’absence d’information du Parc naturel marin sur les molécules chimiques qui seront rejetées dans le lagon. Le tribunal estime également que les mesures prévues pour compenser la destruction de 0,85 hectare de zones humides sont insuffisantes. La compensation atteint un facteur un, alors qu’un facteur trois était exigé.
La deuxième irrégularité porte sur l’absence d’un écran destiné à limiter la dispersion des matières remises en suspension pendant les travaux en mer. Prévue dans le dossier initial, cette protection des fonds marins a été écartée par l’arrêté préfectoral, sans justification ni solution de remplacement.
Enfin, aucune mesure particulière n’a été retenue pour protéger le palétuvier gros poumon, une espèce vulnérable et protégée présente sur le site.
Le tribunal ne remet donc pas en cause la nécessité de produire davantage d’eau potable à Mayotte, mais rappelle que l’urgence ne dispense pas du respect des règles environnementales. À l’issue des six mois, les juges examineront les mesures de régularisation et décideront définitivement du sort de l’autorisation. D’ici là, le chantier reste suspendu.





