Naïma Moutchou a présenté ce mercredi en Conseil des ministres l’ordonnance sur la convergence sociale à Mayotte. La ministre des Outre-mer parle de « justice » et d’« égalité ». Les mots sont forts. Le calendrier, lui, l’est beaucoup moins.
Car cette égalité promise restera encore longtemps théorique pour les salariés mahorais. Le Smic ne doit rejoindre le niveau national qu’en 2031. Pendant cinq années supplémentaires, travailler au salaire minimum à Mayotte continuera donc de rapporter moins que dans l’Hexagone, pour la même durée de travail.
La situation des retraites est plus préoccupante encore. L’intégration au régime général commencera en 2028, mais elle n’effacera ni les faibles salaires ni les cotisations réduites des décennies passées. Les carrières ne seront pas reconstituées comme si les Mahorais avaient toujours cotisé aux mêmes conditions que les métropolitains. Le Césem estime ainsi que l’alignement réel des pensions pourrait attendre 2080. Plusieurs générations n’en bénéficieront jamais.
Les prestations familiales, l’AAH ou le minimum vieillesse progresseront, selon les cas, jusqu’en 2031 ou 2035. Les cotisations, la CSG et la CRDS rejoindront, elles, les niveaux nationaux en 2036.
Cette ordonnance constitue un rapprochement, incontestablement. Mais présenter une égalité programmée sur dix ans, et bien davantage pour les retraites, comme une justice enfin accomplie serait trompeur. À Mayotte, même l’égalité républicaine semble devoir apprendre la patience.
Mayotte devra encore attendre l’égalité réelle même si la convergence sociale se met en marche

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