L’Europe vient peut-être d’ouvrir une porte que Mayotte attendait depuis longtemps. En validant un nouveau règlement sur les retours des migrants en situation irrégulière, l’Union européenne autorise désormais la création de « hubs de retour » dans des pays situés hors de ses frontières. L’objectif est clair : rendre les expulsions plus efficaces et éviter que des décisions de retour restent sans effet.
À Bruxelles, cette évolution est présentée comme un changement majeur de la politique migratoire européenne. Pour François-Xavier Bellamy, qui a porté ce dossier au Parlement européen, il s’agit d’un moyen de restaurer la crédibilité des politiques de contrôle des frontières.
À Mayotte, cette décision résonne de manière particulière. Le département fait face depuis des années à une pression migratoire sans équivalent en France. Hôpital, écoles, logement, réseaux d’eau, sécurité : tous les services publics sont soumis à une tension permanente. Les élus locaux rappellent régulièrement que le territoire manque déjà de moyens pour répondre aux besoins de sa propre population.
Les hubs de retour ne régleront pas à eux seuls la question migratoire. Aucun centre n’a encore été ouvert et de nombreux accords devront être conclus avec des pays partenaires. Mais cette nouvelle orientation marque une évolution notable : l’Union européenne reconnaît désormais que la maîtrise des flux migratoires passe aussi par des solutions situées en dehors de son territoire.
Pour Mayotte, souvent en première ligne mais rarement entendue à Bruxelles, cette prise de conscience constitue déjà un signal. Reste désormais à transformer cette volonté politique en mesures concrètes et efficaces sur le terrain.











