Nouveau tournant dans le dossier du port de Longoni. La cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté l’appel formé par Mayotte Channel Gateway (MCG) contre la décision du tribunal administratif de Mamoudzou qui avait prononcé, en juin 2025, la résiliation de la délégation de service public du port.
Les magistrats ont notamment confirmé que l’Union maritime de Mayotte (UMM) était fondée à agir devant la justice administrative, rejetant ainsi l’un des principaux arguments avancés par MCG. La cour a également rappelé que la décision initiale concernait avant tout le Conseil départemental de Mayotte, en tant qu’autorité délégante, et non directement l’exploitant du port. Au cœur du dossier figure la question de la gestion de la grille tarifaire portuaire et surtout son absence de publication, un manquement qui avait conduit les premiers juges à annuler la délégation de service public. La juridiction a ainsi confirmé l’analyse retenue en première instance.
Sauf nouveau rebondissement, la DSP prendra donc fin le 1er septembre 2026. Le Conseil départemental dispose désormais de trois mois pour mettre en place une solution garantissant la continuité de l’exploitation du principal port de l’île. L’enjeu est considérable. Plus de 95 % des marchandises consommées à Mayotte transitent par Longoni. Toute difficulté dans la gestion du port pourrait avoir des répercussions directes sur l’approvisionnement du territoire.
Mayotte Channel Gateway n’abandonne toutefois pas la bataille judiciaire. Selon plusieurs sources, l’entreprise envisage de saisir rapidement le Conseil d’État et de demander en urgence la suspension de la résiliation dans l’attente d’une décision sur le fond. Une nouvelle étape qui pourrait encore rebattre les cartes dans ce dossier stratégique pour l’économie mahoraise

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