Les élections municipales de mars 2026 ne sont pas totalement terminées à Mayotte. Alors que les nouveaux conseils municipaux sont désormais installés dans la plupart des communes de Mayotte, plusieurs batailles électorales restent encore ouvertes devant la justice administrative. Dès le mois de juin, plusieurs recours seront examinés par le tribunal administratif de Mamoudzou. 6 communes mahoraises pourraient revoter. À Bouéni, la situation du maire Mirhane Ousseni attire particulièrement l’attention après sa condamnation dans le dossier du SIEAM par le tribunal correctionnel de Paris.
Les recours électoraux se multiplient dans plusieurs communes de Mayotte
Trois communes seront d’abord concernées par cette première vague d’audiences : Mtsamboro, M’Tsangamouji et Bouéni. Dans chacune d’elles, les oppositions contestent les résultats du scrutin et espèrent obtenir une annulation des élections.
À Mtsamboro, un scrutin serré sous surveillance du tribunal administratif
À Mtsamboro, le très faible écart de voix entre le maire élu et son principal adversaire nourrit les contestations. Les requérants estiment que plusieurs irrégularités auraient pu modifier l’issue du vote. Le tribunal administratif devra déterminer si ces anomalies sont suffisamment importantes pour remettre en cause la sincérité du scrutin.
À M’Tsangamouji, une nouvelle contestation contre le maire élu
Du côté de M’Tsangamouji, un nouveau recours électoral a été déposé contre le maire Maanrifa Saïd Ibrahima. La commune est habituée aux contentieux électoraux, chaque scrutin municipal ou presque se terminant devant les juridictions administratives. Mais malgré cette tradition locale, les annulations restent rares et l’issue du dossier demeure incertaine.
À Bouéni, le dossier électoral se mêle à l’affaire judiciaire du SIEAM
La situation de Bouéni est en revanche suivie avec une attention particulière. Le recours électoral déposé vise plusieurs procurations jugées irrégulières par les adversaires du maire Mirhane Ousseni. Là encore, le faible écart de voix pourrait peser lourd dans l’analyse du juge administratif.
Mais le dossier de Bouéni dépasse désormais le seul cadre électoral. Le maire a récemment été condamné par le tribunal correctionnel de Paris dans le procès du SIEAM, instruit par le Parquet national financier. Il a écopé de quatre mois de prison avec sursis et de trois ans d’inéligibilité pour complicité de favoritisme. Toutefois, cette peine n’a pas été assortie d’une exécution provisoire. Concrètement, l’élu peut donc continuer à exercer son mandat tant que les recours judiciaires ne sont pas épuisés, il a fait appel de la décision. Il reste aujourd’hui maire de Bouéni et conserve, pour le moment, ses droits électoraux.
En cas d’annulation des municipales, une nouvelle élection pourrait être organisée dans la commune. Mirhane Ousseni pourrait alors théoriquement se représenter, sauf si le juge administratif prononçait également une inéligibilité liée aux irrégularités constatées dans le scrutin.
D’autres élections municipales pourraient encore être annulées à Mayotte
Avant la fin de l’année, trois autres communes importantes devront également défendre leur élection devant le tribunal administratif : Mamoudzou, Bandraboua et Pamandzi. Pour ces grandes communes, l’examen des comptes de campagne par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques doit encore intervenir.Les prochaines semaines s’annoncent donc particulièrement chargées pour la juridiction administrative de Mamoudzou, avec la possibilité de nouvelles élections municipales dans plusieurs communes du territoire dans le courant de l’été.
Pour suivre l’évolution de ces recours et toute l’actualité de Mayotte, retrouvez nos prochains articles sur Kwezi.











