Ce mardi, le tribunal judiciaire de Mamoudzou examinait l’affaire des incendies de cinq cases survenus à Kawéni le 29 octobre 2023, dans un contexte de rivalités entre quartiers. Ce jour-là, une cinquantaine de jeunes venus de Majicavo-Koropa, appartenant à la bande de Medellin, avaient mené une expédition punitive à l’aide de cocktails Molotov.
Une des victimes raconte qu’elle était partie faire des courses lorsqu’une cliente du magasin l’a alertée sur les violences en cours dans son quartier. Inquiète pour ses enfants restés à la maison, elle est rentrée précipitamment. À son arrivée, sa case était déjà en flammes. Aucun blessé n’a toutefois été déploré, son fils ayant réussi à faire sortir toute la famille à temps.
À la barre, le principal prévenu, surnommé « Chifou », a contesté toute implication. Plusieurs témoins l’accusent pourtant d’avoir été présent sur les lieux et d’avoir donné des ordres lors de l’attaque. « Il y a beaucoup de gens qui disent que j’y étais, mais ce n’est pas vrai », a-t-il déclaré. L’homme affirme ne plus être le chef de la bande de Medellin depuis 2017.
Le parquet a requis quatre ans de prison avec mandat de dépôt. Mais faute d’éléments suffisants permettant de prouver sa présence lors des incendies, le tribunal a finalement prononcé sa relaxe. Déjà détenu dans une autre affaire de violences aggravées, le prévenu a toutefois été reconduit en prison pour terminer de purger sa peine actuelle. Chifou n’en a pas fini avec la justice. Il devra prochainement comparaître devant la cour d’assises pour son implication présumée dans un meurtre par balle commis à Majicavo en février 2024.
Poursuivi pour l’incendie d’une case à Kawéni, l’accusé est relaxé mais il est reconduit en prison pour une autre affaire

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