Le procureur de la République, Guillaume Dupont, souhaite durcir la réponse pénale contre les pilotes de kwassa en situation de récidive. Lors d’une audience de comparution immédiate tenue ce lundi 11 mai 2026 au tribunal judiciaire de Mamoudzou, il a estimé que les peines actuelles « ne suffisent pas pour que les passeurs comprennent », appelant à une réflexion sur un renforcement des sanctions.
À la barre, un jeune homme né en 2006 était jugé pour aide à l’entrée irrégulière sur le territoire français après l’interception d’un kwassa transportant 24 personnes, ainsi qu’une chèvre et des moutons. L’embarcation avait été interceptée le 8 mai par la police aux frontières, à environ 17 nautiques des côtes dans le secteur de Bouéni.
Déjà condamné le 23 novembre 2024 pour des faits similaires, le prévenu se trouvait en état de récidive légale. Interrogé sur son rôle à bord, il a reconnu être le pilote du kwassa. Il a expliqué avoir accepté cette traversée pour des raisons financières, affirmant travailler comme mécanicien aux Comores pour environ 200 euros par mois.
Le procureur a requis 20 mois de prison ferme assortis d’une interdiction définitive du territoire français, estimant nécessaire de renforcer la politique pénale contre les récidivistes. De son côté, l’avocat de la défense a plaidé que « le message ne passe pas », estimant que ces jeunes agissent avant tout par précarité économique.
Après délibération, le tribunal a suivi les réquisitions. Le jeune homme a été condamné à 20 mois de prison ferme, à une interdiction définitive du territoire français ainsi qu’à la confiscation du kwassa et des animaux saisis.
Le procureur de la République souhaite une réponse pénale plus sévère contre les pilotes de kwassa récidivistes

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