Trois hommes ont été jugés ce lundi au tribunal judiciaire pour leur implication dans la traversée d’un kwassa intercepté le 4 mars 2026 au large de l’îlot M’Tsamboro avec 37 personnes à bord. Les prévenus étaient poursuivis pour avoir participé à la conduite de l’embarcation qui transportait 34 passagers en situation irrégulière.
Le 4 mars à 7h25, le commandement de la gendarmerie est alerté de l’arrivée d’un kwassa se dirigeant vers l’îlot M’Tsamboro. Vingt minutes plus tard, un intercepteur arrive sur zone et intercepte l’embarcation. À bord se trouvent trois pilotes d’origine comorienne ainsi que 34 passagers : 33 ressortissants congolais et un ressortissant burundais. Deux passagers interrogés par les gendarmes indiquent que « trois pilotes se sont relayés à la barre ».
À l’audience, Abdallah conteste avoir piloté. « Ce n’était pas moi le pilote », affirme-t-il. La présidente du tribunal lui répond que « tout le monde vous désigne ». Le prévenu reconnaît avoir pris place à bord, mais rejette la responsabilité sur un autre homme : « J’y suis allé, mais c’est lui le commandant », explique-t-il en désignant la personne assise à sa droite.
Les trois hommes disent être venus à Mayotte pour trouver du travail et gagner de l’argent. « C’est la dureté de la vie », résume l’un d’eux, indiquant avoir donné deux chèvres pour financer sa traversée.
Le parquet évoque « un dossier gravissime » et rappelle « le risque de mort ou de noyade » lié à ces traversées. Malgré les contestations sur leur rôle exact, le tribunal a retenu la culpabilité des trois hommes. Ils ont été condamnés à quinze mois de prison avec sursis et à cinq ans d’interdiction du territoire français. Les trois condamnés doivent être expulsés vers les Comores.










