Deux jeunes Comoriens ont comparu devant le tribunal judiciaire de Mamoudzou après une traversée clandestine vers Mayotte avec 22 passagers originaires de la région des Grands Lacs à bord d’un kwassa-kwassa. Le parquet dénonce une mise en danger de la vie d’autrui en raison des conditions de navigation.
Les faits remontent au 2 mars 2026, au large de M’tsamboro. L’embarcation transportant 22 migrants avait embarqué après un transbordement au large d’Anjouan.
Les deux prévenus, Anasse Ali et Anrichi Doli, âgés de 21 ans et sans antécédents judiciaires, ont reconnu leur présence à bord. Anasse Ali explique avoir joué un rôle d’assistant, chargé de changer les nourrices d’essence et d’écoper l’eau. Interrogé par la présidente, il a reconnu avoir déjà effectué plusieurs traversées vers Mayotte et a présenté ses excuses.
De son côté, Anrichi Doli a reconnu être le pilote. « Je présente mes excuses. J’ai fait cela car j’avais besoin d’argent pour nourrir mes enfants », a-t-il déclaré.
Le parquet a souligné l’absence de gilets de sauvetage, de GPS et de permis de navigation, ainsi que des défaillances du moteur. Il a requis six mois d’emprisonnement pour chacun des prévenus, la confiscation du matériel et une interdiction du territoire français pendant cinq ans.
La défense a demandé la relaxe pour Anasse Ali et une interdiction du territoire réduite à trois ans pour Anrichi Doli. Après délibération, le tribunal a condamné Anrichi Doli et Anasse Ali à un an d’emprisonnement avec sursis et à cinq ans d’interdiction du territoire.






