La cour d’assises d’appel a rendu sa décision à l’issue de deux jours d’audience consacrés au dossier d’une septuagénaire condamnée pour avoir violemment agressé la belle-mère de son fils lors d’un mariage à Labattoir. Déjà condamnée en 2024 à dix ans de réclusion criminelle, l’accusée comparaissait en appel pour des faits qualifiés de tentative de meurtre avec préméditation.
Les faits remontent à 2016, lors des préparatifs d’un manzaraka. Selon l’accusation, l’accusée, opposée de longue date au mariage de son fils, s’était rendue armée d’un chombo sur le lieu des festivités après ne pas avoir trouvé la victime à son domicile. Elle lui avait alors porté plusieurs coups à la tête. La victime, âgée de plus de 70 ans et enseignante du Coran auprès d’enfants, avait tenté de se protéger avec les mains, subissant de graves blessures aux doigts. L’intervention d’un tiers avait permis de mettre fin à l’agression.
Au cœur des débats, la question de la préméditation et du discernement. L’avocat de la partie civile a rappelé la détermination de l’accusée, insistant sur les actes préparatoires et sur les déclarations exprimant une volonté de vengeance. Le ministère public a souligné la cohérence de la chronologie retenue, estimant que se munir d’une arme, se déplacer et frapper une zone vitale excluait l’hypothèse d’un geste impulsif.
Trois expertises psychiatriques ont été versées au dossier. Si la première évoquait une possible abolition du discernement, les suivantes ont conclu à une simple altération. En appel, le parquet général a requis huit ans d’emprisonnement, une peine inférieure à celle prononcée en première instance.
La cour a finalement déclaré l’accusée coupable, retenant une altération du discernement, et l’a condamnée à huit ans de prison assortis de dix ans de suivi socio-judiciaire, avec interdiction d’entrer en contact avec la victime.

Tags:
- à la une, à la une secondaire, agression, cours d'assise, mayotte






