Pendant que la mer continue d’engloutir des embarcations de fortune entre Anjouan et Mayotte, une autre information maritime attire l’attention par son sérieux exemplaire. L’Agence nationale des affaires maritimes comorienne, l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM), renforce la sécurité et la conformité du transport… des bovins entre la Tanzanie et les Comores.
Réunions techniques, coopération régionale, normes internationales, bien-être animal, ventilation, accès à l’eau, navires adaptés : tout est passé au crible pour garantir aux bêtes une traversée digne, sûre et réglementée. Le bétail, pilier de l’alimentation nationale, mérite manifestement un voyage encadré, sécurisé et conforme aux standards maritimes.
À la lecture de ces engagements, une question surgit, légèrement moqueuse mais terriblement révélatrice : puisque les bovins ne traversent plus n’importe comment, pourrait-on imaginer qu’eux aussi abandonnent un jour les kwassa-kwassa ? Car si les animaux bénéficient désormais d’un suivi sanitaire, de contrôles et de navires dédiés, les embarcations de fortune restent, elles, le symbole d’un transport maritime à deux vitesses.
L’ironie est là, flottant entre deux rives. D’un côté, des bovins protégés par des protocoles stricts. De l’autre, des traversées humaines — et parfois animales — sur des coques surchargées, sans gilets ni garanties. La modernisation maritime avance, visiblement. Reste à savoir si elle s’arrêtera aux sabots… ou si elle finira par toucher aussi les kwassas.








