Deux agressions à l’arme blanche, commises à plusieurs mois d’intervalle et sans motif apparent, ont été examinées ce lundi par le tribunal judiciaire. Les faits, d’une extrême violence, ont fait deux victimes lourdement blessées et posent une nouvelle fois la question de la prise en charge psychiatrique dans le cadre pénal.
La première agression survient alors qu’un homme marche dans la rue. Il est poignardé à l’abdomen, une blessure qui lui vaut quatorze jours d’incapacité totale de travail. Quelques jours plus tard, une seconde victime est attaquée à deux reprises, au niveau des fesses. Les plaies, profondes de 8 et 12 centimètres, entraînent quinze jours d’ITT. Les deux victimes ne connaissaient pas leur agresseur.
À l’audience, le comportement du prévenu interpelle. Agité, incapable de rester immobile, il affirme avoir agi sous l’emprise de « voix » et évoque une intervention divine. Il explique avoir frappé par peur, persuadé qu’on allait l’attaquer ou qu’on lui avait volé son sac. Une version confuse, qui n’a pas été éclairée par une expertise psychiatrique pourtant ordonnée lors d’un précédent renvoi, mais jamais réalisée.
Le père du prévenu évoque un fils au comportement instable, alternant phases calmes et périodes d’agitation. L’intéressé reconnaît entendre des voix, tout en rejetant toute idée de maladie. Déjà hospitalisé par le passé, il aurait interrompu son traitement.
Pour le parquet, les faits sont établis et justifient une peine ferme. Deux ans d’emprisonnement ont été requis afin de protéger la société. La défense, elle, dénonce une procédure incomplète et plaide pour une orientation vers un établissement spécialisé plutôt qu’une incarcération classique.








