Ce matin, la préfecture de Mayotte et la ville de Mamoudzou ont lancé une opération de décasage d’un ancien bidonville installé depuis plus de vingt ans le long de la rivière Gouloue. Un site connu à la fois pour les cultures vivrières pratiquées par ses habitants et pour les dangers permanents auxquels ils étaient exposés.
Construites sur les berges et à flanc de colline, les cases en tôle insalubres, construites illégalement, faisaient face à des risques majeurs d’inondation et d’effondrement, particulièrement en saison des pluies. La puissance de la rivière Gouloue a coûté la vie à un enfant, noyé il y a deux mois affirme, d’ailleurs, le DGS de la commune.
Le bidonville était également associé à des troubles récurrents à l’ordre public, notamment à proximité du rond-point du collège, les dakous y trouvant refuge pour fuir la Police, renforçant la mobilisation des autorités.
Environ trente familles avaient été recensées sur ce site pour 75 cases en tôle.
L’opération de décasagae s’annonce techniquement complexe. Les habitations sont situées de l’autre côté de la rivière et hors d’accès routier, nécessitent la création d’un passage spécifique au dessus de la rivière pour le passage des engins avant la déconstruction. Des bovins présents sur place ont été récupérés par les services de la DAAF et pris en charge dans l’attente de l’identification de leurs propriétaires.
À l’issue des opérations, qui doivent plusieurs jours, l’objectif est d’empêcher toute réinstallation. Les autorités entendent ainsi lutter durablement contre la mise en danger de populations extrêmement vulnérables sur un site reconnu comme à très haut risque.









