À Mayotte, les « services secrets » nourrissent fantasmes et inquiétudes. Écoutes permanentes, surveillance généralisée : ces idées reçues reviennent régulièrement dès qu’une affaire sensible éclate. Pourtant, la réalité est bien plus encadrée qu’on ne l’imagine.
Deux services de renseignement agissent sur le territoire : la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et le Service du renseignement territorial (SRT). Leurs missions sont distinctes et strictement définies par la loi.
La DGSI n’intervient que lorsqu’un enjeu de sécurité nationale est identifié. Terrorisme, radicalisation, espionnage ou menaces graves contre les intérêts de l’État relèvent de son champ d’action. Dans ces cas précis, des techniques de surveillance, comme les interceptions de communications, peuvent être mises en œuvre. Elles ne sont jamais automatiques et nécessitent des autorisations spécifiques, limitées dans le temps et soumises à un contrôle rigoureux.
Le SRT, de son côté, agit au plus près du terrain. Il observe et analyse les phénomènes susceptibles de troubler l’ordre public : tensions locales, violences collectives ou risques de troubles sociaux. Ce service ne mène pas d’enquêtes judiciaires et n’utilise pas d’écoutes pénales. Son rôle est d’anticiper, non de sanctionner.
La confusion persiste souvent avec les enquêtes judiciaires classiques. Dans ce cadre, des écoutes peuvent être autorisées, mais uniquement par un magistrat, pour des affaires graves et ciblées. À Mayotte comme ailleurs, il n’existe donc pas de surveillance généralisée : l’action des services repose sur des règles strictes, loin des fantasmes populaires.

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